Il est toujours le temps pour se poser des questions.
Il en est pour souffrir aussi. Aujourd'hui mes questions me font souffrir.
Ne plus y penser n'est pas une solution. Voir l'abîme, fermer les yeux, et continuer à avancer. Non. Je veux garder les yeux ouverts quoi qu'il arrive, où que j'aille.
Penser à certaines choses est déjà assez douloureux. S'apercevoir que quoi qu'il arrive personne ne peut comprendre sa pensée, cela est assez désolant. Et après cela comment pourrai-je aimer "les autres" ? S'ils ne peuvent m'aider quand j'en ai besoin, alors, si je ne puis faire confiance qu'à moi même, je crois qu'être seul, c'est mieux ainsi.
Pour une fois je ne parle pas d'éther. De brouillard. Mais d'un futur proche. Si proche.
Plus je m'éveille, et plus j'ai l'occasion d'être triste. Certes ce n'est pas ce qu'il y à de plus évident de remettre en cause jusqu'aux fondements de mille et une institutions. Pourtant voilà mon unique don. Ma seule force. Mon pouvoir. L'éveil ne s'oppose pas au rêve mais à l'illusion, au "croire". L'éveil est un état très particulier dans lequel je rentre quand, suite à de nombreuses réflexions, j'ouvre les yeux sur telle ou telle chose. C'est une lucidité de l'esprit. Mais cet état n'est ni particulièrement doux, ni particulièrement agréable, au premier abord du moins. Car honnêtement, se rendre compte de la stupidité d'une chose à laquelle on a cru pendant si longtemps, n'est ni facile, ni plaisant.
A côté de cela il y à TOUJOURS l'espoir que quelque part, un jour, quelqu'un puisse me comprendre.
L'espoir est un voile sélectif que l'on se met devant les yeux. Il n'invente rien. Il cache juste une partie de la vérité, rendant ce qui reste visible pas mieux, non, mais "moins pire". C'est le principe de l'optimisme, ou le fameux " J'oublie que ça peut aller mal, car ça peut aussi aller bien".
Cet espoir donc, est un de mes derniers. Tenace il perdure malgré mes efforts. Pourtant il est toujours battu. Si j'ai le malheur de croire en quelqu'un ou en un groupe, si je me dis que je ne suis pas seul, je me sent mieux. C'est vrai. Puis un jour, que cela prenne une minute ou une vie, je m'aperçois de mes illusions, car non, personne ne me comprends. Ni un peu, ni totalement. C'est comme si mes pensées étaient cryptées, d'une autre époque ou d'une complexité unique. Du moins voyant l'incompréhension de ceux qui essaient de me comprendre c'est ce que je me dis.
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Mes tourments actuels sont axés sur les thèmes: études, travail, et vie future.
Et il y à de quoi faire ! En fait pourtant quand j'y pense, je me dis que tout pourrait être si facile. Pourrait oui. Mais n'est pas, non.
Je vois, souvent, des personnes tristes. Elles n'ont pas d'emploi. Elles en souffrent.
J'y pense. (...)
Elles sont tristes car elles ne travaillent pas. Pourtant ceux qui travaillent ne sont pas heureux pour ça.
C'est tout à fait logique, ce n'est pas le travail qui rend heureux. Ce n'est pas l'absence de travail qui rend malheureux. C'est le démarquage in-souhaité qui rend malheureux. Pourquoi ces gens sont-ils tristes ? Parce qu'ils ne peuvent pas faire comme les autres, voilà.
Alors moi, je ne suis que moi, que bassement moi, ça, c'est vrai. Mais quand j'y pense, je me dis que, se rendre malade de ne pas être "comme tout le monde", c'est ça la véritable tristesse.
Voici ma deuxième réflexion, quand aux études.
J'ai longtemps voulu faire de longues études. D'ailleurs aujourd'hui encore, cette envie sommeille mais n'est pas encore morte. Mais alors pourquoi tourner le dos à une si belle envie ? L'éveil. Mais vous direz-vous, et vous avez entièrement raison de vous poser la question, si cet "éveil" dont il nous parle depuis de début peut tuer une si louable envie, alors c'est quelque chose de très négatif. Je dois tout de suite vous rassurer. L'éveil est fabuleux. Il est le feu qui brûle tout les voiles. Il est la vision claire et vraie, pure, du monde. Une intense vérité que je ne peut vous décrire. Si je n'ai plus envie d'étudier, c'est tout simplement parce que j'ai réfléchit. Car au monde, tout est vanité. Étudier pour sembler érudit aux yeux des autres, je ne le désire pas. Sembler, paraître, cela n'est pas fait pour moi. Et en plus aux yeux des autres, oui, car seul, il n'y à pas d'érudisme qui tienne la toute, pas de savoir qui en vaut la peine, plus rien en fait. Apprendre pour avoir la prétention de montrer que l'on sait, pour avoir la fierté d'enseigner. Et tout ce savoir qui se meurt en même temps que le corps, si ce n'est avant même, par une découverte d'autres vantards qui vient fausser tout ce qu'on croyait vrai et que l'on transmettait.
Alors revenons quelques instants en arrière.
Entraîné par le bonheur de la réussite et le désir qu'il ne meurt jamais, j'ai eu envie d'apprendre. Cette envie, je l'ai toujours, elle est en moi, et je la garderai probablement toute ma vie.
Dans notre société, apprendre signifie aller à l'école, étudier auprès de professeurs, et après des examens, obtenir des diplômes. Je veux apprendre, alors cela ne me dérangeais pas. Mais aujourd'hui que j'y pense un peu plus, je me rend compte de toute la futilité de cette envie.
Qu'est-ce qu'un diplôme ? C'est un certificat, une autorisation, un bon, ou que sais-je encore, qui authentifie la capacité de son détenteur à faire telle ou telle chose. Ce diplôme est décerné à quelqu'un ayant étudié, par des personnes ayant étudiés aussi, et ayant très souvent, obtenu le même diplôme ou équivalent. Autrement dit c'est être jugé par ceux qui ont été jugés. On vous donne un papier, un feuille, qui vous dit clairement " vous pouvez faire ça". Et quand vous avez à travailler, votre employeur vous demande ce bon, cette preuve que "vous pouvez".
En quoi consiste le travail ? C'est aller accomplir une action, et ce pour quelqu'un qui vous dédommage par un salaire. Autrement dit vous lui donnez de l'énergie et du temps et il vous donne de l'argent.
Rien que dans ces deux phrases, il y a assez de vérité pour s'indigner. Votre énergie ! Votre temps ! Et contre quoi ? De l'argent ! L'argent, même toute la fortune du monde, ne peut et ne pourra jamais acheter du temps, de la vie. Vous donnez votre vie contre un bien de valeur très nettement inférieure. Vous gagnez des billets, du papier auquel "on" donne une valeur qui fluctue et qui peut aussi mourir. Il fût un temps ou l'argent tel qu'on le connait n'existait pas, il en sera peut être un ou l'argent tel qu'on le connait n'existera pas non plus.
Rentrer dans ce système, c'est l'accepter.
Il n'y à pas d'obligation dans le travail. C'est un mythe qui à été mit en place par le temps lui même.
En vous, en effet, vous voyez vérité et logique dans ce qui est depuis longtemps. Le vieux rassure, comme un " cela est depuis toujours, donc cela est bon/vrai/normal etc...". C'est pourtant faux. Ce n'est pas parce "qu'on a toujours fait comme ça", que c'est ce qu'il faut faire. Ne vous êtes vous jamais dis que même si cela fait dix, cent, mille ans, que cela se passe ainsi, peut être que cela à toujours été faux, mal, ou que cela pourrait être mieux ?
S'enfermer dans cette idée que ce qui à été défini ne peut changer est une erreur à mes yeux. Le monde lui même est en perpétuelle évolution, demeurer le même, avoir toujours les mêmes idées, cela est tout bonnement impossible.
Pour en revenir au thème principal, je dirai cela:
Les diplômes c'est la reconnaissance par d'autre. Le travail, c'est faire pour les autres.
Étudier pour travailler. Travailler en ayant étudié. C'est un peu comme offrir sa vie aux autres. Je ne peut croire en une telle philanthropie.
Mais je veux bien accepter que vous ne soyez pas philanthropes, mais je veux bien penser que cela ne vous fait pas plaisir de travailler, mais si je vous demande pourquoi ? Que me répondez vous ? Parce qu'il le faut. Parce que c'est normal. Parce que c'est obligatoire. Pour vivre.
Pardonnez moi mais quelles réponses ! Obligatoire ? Depuis quand ? Et par qui ? Et pour vivre ? Encore mieux ! Le travail n'est pas du glucose non ? De l'oxygène peut-être ? Du sang ? De l'eau ? Non, non, et non. Le travail ne fait pas «vivre». Il vous donne de l'argent, le même que j'ai décrit un peut plus haut. Mais c'est tout. Encore une fois l'erreur et de se dire « ça c'est toujours fait comme cela», ou «tout le monde fait comme ça».
Oui, parce que pour bien vous faire comprendre, je vais revenir encore en arrière, mais bien plus en arrière.
Car dans le «toujours» que vous employez, vous êtes conscient que cela est faux bien sur. Un jour il à fallu que quelque chose arrive pour que d'autres suivent et que de générations en générations, d'habitudes en habitudes, on en arrive là. Alors il faut vous dire qu'on jour, dans tout ce que vous faite, machinalement ( donc, comme des machines, de simples machines, exécutant un programme donné ), un pionner, un précurseur, un premier donc, a fait ce que vous faites pour la toute première fois. Il est le père de vos certitudes, quand alors pour tous, lui comprit, cela n'était qu'incertitude, tâtonnement maladroit, essai douteux. Alors mettez vous à sa place, il à créé vos habitudes, et vous ne voyez que par elles. Imaginez ce qu'il à du subir pour en arriver là, imaginez le peu qui l'on alors suivit. Je ne veut pas me croire de cette trempe, mais si seul on peut générer un tel engouement par le futur, je puis au moins me dire que seul, je peut faire autre chose que du mal.
Alors vous donner ma vie. Et cela juste pour ne pas me faire remarquer, pour ne pas me faire qualifier de marginal. Vous offrir ma jeunesse dans vos écoles, vous offrir tout le reste dans vos usines... Je suis moi. Je pense. Et je ne puis accepter vous donner ce que je suis. Faire taire mon esprit. Prier vos dieux. Agir sans réfléchir. Ne rien faire de nouveau, et surtout toujours, toujours regarder derrière pour m'assurer que je n'invente rien et que ce que je fais ou pense a déjà été fait ou pensé avant.
Je ne suis personne pour dire quel est le but de la vie c'est certain. Ni d'ailleurs vous dire quoi faire ou penser, ce qui est bien, ce qui est mal. La seule chose dont je suis certain, c'est que faire comme son prédécesseur, c'est stagner, et la vie, c'est l'évolution.
Ce qui nous fait nous aujourd'hui, c'est le fait d'avoir évoluer. Et si l'évolution existe, c'est grâce à certains qui ont osés, qui ont tentés un jour. Et, plus tard, fort de leur expérience, la transmettant, ont pu donné la possibilité à d'autres d'aller un peu plus loin. Ce n'est pas en ce contentant de ce qu'on a qu'on est heureux. Ce n'est pas non plus en voulant toujours plus qu'on est heureux. C'est en acceptant de perdre ce que l'on a aujourd'hui pour gagner autre chose demain qu'on peut être heureux. L'on est riche que de cette possibilité. De rien d'autre.
Alors si je ne veut plus étudier et surtout dans le seul but de vous prouver que je peut. Si donc par extension, je ne veut pas vous prouver que je peut en le faisant, contre de l'argent, c'est pour tout ce que j'ai écrit, tout ce que j'ai pensé, et bien plus même.
Je ne suis pas fier, pas supérieur, juste différent. J'ai juste pensé. Je pense juste. Et justement, je penserai encore. Par cela je serai sans doute toujours en désaccord avec les réfractaires à l'évolution, les conservateurs accrochés à leur passé. Par cela, je sera sans doute toujours moi.
Alors que faire ? Comment subvenir à mes besoins ? Je n'ai pas ces réponses. Mais quoi qu'il en soit, si j'agissais dans le but de résoudre ces problèmes et ce en faisant comme d'autres, je ne serait plus moi. Seulement un pantin sans âme, sans volonté. Je bafouerai alors tout mes principes, briderai toutes mes capacités, et ce serai pour moi, sachez le, une petit mort, qui appellerai très vite sa grande s½ur.
Antoine Cortes